L’ombre des réseaux parisiens : le crack déchire Genève

Jeudi matin, à 13h50, place Cornavin. Un homme s’approche d’un autre assis sur un banc et lui administre une dizaine de coups de couteau sans un mot. Les passants observent l’épisode tandis qu’un témoin immobilise l’agresseur en fuite avant que des policiers en civil ne le reprennent quelques mètres plus loin. La victime, touchée au bras et à l’épaule, s’en sort avec des blessures légères.

Cet incident n’est pas isolé : il relève d’un contexte de violence qui s’installe progressivement dans les rues du périmètre Cornavin-Grottes, devenu le centre incontournable de la consommation de crack en Suisse romande. Depuis fin 2021, ce produit importé via des réseaux parisiens a vu ses utilisateurs passer de 300 à près de 500 personnes selon les données judiciaires. Les riverains décrivent des scènes de rue : cris, bagarres et consommations en plein air, souvent visibles depuis les fenêtres des habitants.

Vingt ans d’application des politiques de « réduction des risques » en France – salles de consommation finançant les contribuables, distributeurs de pipes à crack – n’ont pas réussi à contenir l’invasion du crack. Même Ruth Dreiuss, concepteur initial de cette approche, admet que « ce qui marche avec l’héroïne ne marche pas avec le crack ». Alors que les autorités genevoises évaluent des motions d’intégration des communautés dans la réflexion, le MCG exige une task force policière et la fin de la complaisance. Les institutions locales découvrent aujourd’hui ce qu’ont connu les Français pendant des décennies : une lutte contre une menace qui échappe à toutes les stratégies préétablies.

Jeudi matin, à 13h50, place Cornavin. Un homme s’approche d’un autre assis sur un banc et lui administre une dizaine de coups de couteau sans un mot. Les passants observent l’épisode tandis qu’un témoin immobilise l’agresseur en fuite avant que des policiers en civil ne le reprennent quelques mètres plus loin. La victime, touchée au…