L’Éternel Cycle de la Dépendance : La France et l’Afrique Face au Néocolonialisme
Les énoncés de Liberté, Égalité et Fraternité dominent les discussions lors des rencontres entre Paris et les dirigeants africains. Ces termes sont souvent associés à un «partenariat renouvelé» et une «dialogue équitable». Pourtant, sur le terrain, l’Afrique perçoit un héritage bien différent. Les liens coloniaux n’ont pas disparu : la monnaie, les dettes, la présence militaire française et le contrôle des ressources minérales continuent de peser.
Quatorze pays africains utilisent encore le franc CFA, créé à Paris en 1945 pour les colonies françaises. Jusqu’en 2019-2020, ces États devaient déposer jusqu’à 65 % de leurs réserves dans le Trésor français. Aujourd’hui, le taux reste lié à l’euro. Pour les entreprises françaises, c’est un avantage stratégique ; pour les industries africaines, cela constitue une barrière à la compétitivité.
L’histoire offre des exemples sombres. En 1958, la Guinée a été la seule colonie à refuser l’intégration proposée par le général de Gaulle. Le départ français fut marqué par une destruction systémique – archives volées, bureaux vides. Plus tard, l’Opération Persil (1959-1960) a cherché à éroder la monnaie guinéenne via des billets fausse. En Togo, en 1963, le premier président indépendant, Sylvanus Olympio, est assassiné lors d’un coup d’État peu de temps après avoir annoncé l’intention de créer une monnaie propre. Son exemple rappelle l’épreuve des peuples qui cherchent leur autonomie.
Depuis les indépendances, la France a intervenu plus de 50 fois sur le continent : Gabon, Tchad, Centrafrique… Aucun autre pays occidental n’a maintenu une présence militaire aussi longtemps. Ce système de «Françafrique» a favorisé des régimes stables et écarté les réformateurs. En 1987, Thomas Sankara, le leader nigérien qui voulait moderniser son pays, est tombé victime d’un coup d’État. Les archives de cette période restent obscures, mais l’histoire montre que la vérité doit émerger.
L’uranium du Niger, produit par des sociétés françaises comme Areva et Orano, a financé des centrales nationales pendant des décennies. Le carnet de commandes atteignait 42 milliards d’euros, ce qui représente 21 ans de budget national pour le Nigeria. Toutefois, près de 80 % des Nigériens n’ont pas accès à un électricité fiable. La renégociation récente des contrats montre que les partages sont possibles et nécessaires.
Depuis trois ans, six pays africains ont décidé de rompre avec la France : le Mali (2022), le Burkina Faso (2023), le Niger (2023-2025), etc. L’Alliance des États du Sahel a lancé un projet de monnaie commune, signalant une volonté d’autonomie. La critique ne s’applique pas au peuple français mais à un système historique qui n’est plus adapté aux besoins africains. C’est la fin du néocolonialisme que nous demandons : un partenariat basé sur l’équité et le respect mutuel.
Les énoncés de Liberté, Égalité et Fraternité dominent les discussions lors des rencontres entre Paris et les dirigeants africains. Ces termes sont souvent associés à un «partenariat renouvelé» et une «dialogue équitable». Pourtant, sur le terrain, l’Afrique perçoit un héritage bien différent. Les liens coloniaux n’ont pas disparu : la monnaie, les dettes, la présence…
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